03.05.2009
Les paroles du Condamné
Je regardais la pièce pour une dernière fois,
Tout en sachant que la peine ne me quitterait pas;
Peut-être.
Mais que faut-il bien faire, pour arrêter
Cette mécanique instable qui comme l'été
Fini toujours par disparaître,
Sinon mourir sous un ciel étoilé.
L'amour c'est un nuage, il traverse le monde entier
Les nuages sont là pour voyager.
Alors pars avec des adieux sous un ciel gris
Je banderai mes yeux sous terre, sous un abri
Qui m'empêchera de regarder vers toi
Et me souvenir, et me languir,
Je préfère ce soir mourir,
Plutôt que de vivre sans toi.
_____________
Dix poupées russes sur l'étagère,
Et l'araignée
A tissé sa toile sur le livre rouge.
Tandis que le vase est gris de poussière
Et que les ombres sous la lumière,
Bougent.
Je ne songe qu'au néant.
C'est au bureau que les crayons s'entassent
Que la main caresse et que se sont endormies
Au crépitement d'un chuchotement las
Les pages d'un carnet jauni.
Je n'ai plus que le néant.
J'ai tout ôté, tant mon âme que ma ceinture
Pour dessiner à mon cou un col bien rond
L'on aurait dit que je volais à la nature
Le cercle des lacs et l'orbe des bourgeons.
Mais je pleurais plus qu'un lac,
Et plus que toute une rivière,
J'étranglais ce que le ressac
Avait emporté des paupières.
Les restes d'amour pour mon amant.
Les épaules tendues et le visage en arrière,
Je permis à la lampe et sa lumière,
De me dévorer,
Je mourrais sous un ciel étoilé.
Les étoiles fusent et s'éclatent au ciel,
La lune,elle, est absente.

02:47
Écrit par Sophie Chollet
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08.04.2009
Provence et brin de lavande.
C'est un Cézanne peint par le millet
Avec ronds soleils et ronds de boissons
Dans un champs d'or sauvage et de blé
Que traversent les charançons.
Des femmes brunes allaitant au sein,
Plein d'hommes ivres tout en s'aimant
Avec ces cris percés au fusain
Qui se colorent à peine et doucement.
Je bois le vin du soir qui se décline
En d'écarlates éclats guerriers,
Que les étoiles aient cette teinte sanguine
De tous les beaux jours et de tout l'été.
D'une campagne ravagée de parfums,
D'une cabane en ruines et le lierre
Sous lequel les fougères,
Dorment le matin.
Je m'allonge et c'est la terre qui s'effondre
Plus spectaculaire encore que le mont Victoire
Dont les roches s'obombrent, dans le soir.

02:23
Écrit par Sophie Chollet
dans Myosotis |
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31.03.2009
Psychée 12
Et petit à petit sur les hauts de Hurlevent,
Les nuages s'étaient éteints comme un soleil
Qui paraissait là bas et au dedans,
D'une écharpe vermeille.
On paraissait si petits sur les hauts de Hurlevent
Que les oiseaux flottaient en étendards à nos têtes
Ainsi que de larges rapaces dévorent le dedans
Des effroyables et rouges squelettes.
Parmi le cri des vagues, tout le silence
Assénait les larges rocs d'eau flambée
Les arches brunes des mousses qui dansent
Dans le parfum de sel d'embruns et de marée.
Sous les cristaux des tambours du ciel,
Noir plus noir que les corbeaux,
Nous nous embrassions et sous la tutelle,
D'un gros chêne fumant dont la cambrure marquait l'arc d'un marteau.
Je rêvais en tes bras, et les ombres déployaient
Devant les proues de ces effrayants cargots
Leur sombre plein de métal qui semblait
Être le tissu noir d'un énorme manteau.
Et c'était ta tombe qui se profilait au dessus de l'eau,
Comme une croix levée par dessus l'horizon
Pour que les branches du gigantesque marteau
La recouvre d'un voile de plomb.
Et petit à petit sur les hauts de Hurlevent,
Nous distinguâmes un voilier sur une marge bleue
Bien écrasée comme si le feutre lentement
Avait mille fois tracé du pinceau l'océan...
Pour en extraire la toile chromée des cieux.
Peut être que les robes des nuages étaient claires
Furieuses et prudes dans leurs emportements
Qui foudroyaient de dangereux éclairs
La poudre noire des firmaments.
O quelle étrange saveur que ce miaulement plaintif
Que j'entends lointainement mourir aux Hurle Vent
L'orage se termine par le chant vif
Du tonnerre qui claque son enterrement.

21:17
Écrit par Sophie Chollet
dans Camelia |
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